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NOKTO
Une invitation au sommeil pour les tout-petits, petits et femmes enceintes
| Avec | |
| soprano flûte percussions |
Brigitte PEYRÉ Charlotte CAMPANA Christian BINI |
| mise en scène composition musicale |
Jean-Pascal VIAULT Raoul LAY |
| création lumières régie costumes |
Carlo VARINI Hervé LEGROUX Charlotte PAREJA |
Coproduction :
LʼYonne en scène / Théâtre Itinérant pour lʼenfance et la jeunesse
Ensemble Télémaque
EPCC dʼIssoudun
Avec le soutien de :
La Grande Ourse / Scène conventionnée Jeunes publics de Villeneuve-les-Maguelone
La Maison des Comoni / Pôle Jeune public du Revest-les-Eaux, Toulon

NOKTO signifie "nuit" en espéranto
Durée : 35 minutes
Mais qui a eu cette idée un peu culottée de réaliser un spectacle pour des enfants à naître ou âgés de moins de trois ans ?
Cette idée bien réelle est de Jean-Pascal Viault, auteur et metteur en scène. Cette singulière création
a fait lʼobjet dʼune commande à Raoul Lay, compositeur et directeur de lʼensemble Télémaque à
Marseille. Elle prend corps avec le chant soprano de Brigitte Peyré, la mélodie de la flûtiste
Charlotte Campana et les douces percussions de Christian Bini.
Vécu comme un passage, une tranche de vie, lʼensemble appelle le repos, lequel sʼallonge en chacun
de nous comme une lame de fond.
Le dispositif est simple : un oreiller à la main, le public prend place dans ce que Jean Pascal
Viault appelle un ventre, en réalité un espace clos placé au milieu de la scène fait de rideaux
noirs, de matière, dʼinstruments et dʼéclairages subtils. Une petite boîte noire onirique relevée ça
et là de meubles blancs à laquelle sʼajoute un dispositif lumineux.
Des transats que les enfants rejoindront naturellement pendant le spectacle, un cube, une sphère, une
chaise, des lumières, des partitions écrites en transparence sur des tableaux mobiles sʼaniment au fil
de la représentation, attirant tantôt le corps, la vue ou lʼouïe.
Au sol, une petite scène carrée semble recouverte dʼune poussière dʼétoiles. Lʼappel au rêve place le
public à lʼorée de la somnolence. Jusquʼà lʼoubli de soi.
Une écriture pour soprano, flûtes et percussions...
Si l'idée de Jean-Pascal Viault est de faire entrer le public dans le décor pour lʼenvelopper
physiquement dʼimaginaire, Raoul Lay ajoute que « la partition va de l'ombre à la lumière et le texte,
en espéranto, suit le même parcours. Ici, aucune histoire nʼest racontée. Cʼest un acte musical libéré,
écrit pour faire rêver »
Au début commence les souffles : bâtons de pluie, balais sur les peaux, air dans
l'embouchure et consonnes sifflantes. Peu à peu, les sons émergent, graves et ciselés,
formants des mots, des bouts de mélodies; jusqu'à la construction d'une phrase, d'une
mélopée simple et chantante sur laquelle tout le monde s'accorde. Silences...
«... Jusqu'à aujourd'hui, j'ai composé pour le jeune public précise Raoul Lay, avec la complicité
d'Olivier Py, ou encore à partir de contes des frères Grimm. Envisager qu'un texte, voire une histoire,
ne soient plus les piliers d'une construction musicale me permet de rêver à une autre liberté. J'avance
alors comme si l'abstraction et les sensations pouvaient se rejoindre dans une pensée musicale
libérée des contingences. Une Musique dont la teneur sonore et formelle devait simplement conduire
aux songes des touts petits... »
Très lentement, le paysage harmonique se modifie, s'altère dans la douceur, effacé par des carillons
mélancoliques et des bribes de paroles. La flûte allonge ses notes devenues des soupirs, la voix
glisse et descend vers des mots murmurés. Une pulsion ample et lente s'échappe de peaux comme si
nos cœurs ralentissaient...
Pourquoi alors ne pas chercher à se laisser glisser vers le sommeil ? Les notes s'éloignent sur la
pointe des pieds... Poudres d'étoiles et paupières lourdes...